Qui a tué l'homme-homard, J.M. Erre. Buchet-Chastel, 01/2019. 355 p. 19,00 € *****

A Margoujols, un petit village reculé de Lozère, on retrouve le cadavre affreusement mutilé de Joseph Zimm, surnommé l'homme-homard en raison de la difformité de ses mains. Il faisait partie d'un cirque de monstres, arrivé à la fin de la guerre, qui s'est établi là après la mort de son directeur. L'adjudant Pascalini est envoyé sur place pour découvrir le meurtrier, et trouve une aide inattendue en la personne de la narratrice Julie, qui malgré sa tétraplégie s'avère une enquêteuse hors pair et projette de faire de l'enquête un polar bien ficelé. Très vite, les soupçons tombent sur l'auteur d'un blog intitulé "Je vois la vie en monstre", tandis que les habitants nourris aux séries policières se mêlent du travail de Pascalini...

Jubilatoire. C'est l'adjectif qui résume le mieux ce livre aussi drôle sur le fonds que sur la forme. Sur le fonds, il y a les villageois hyperconnectés de ce village perdu, qui doivent leur 4G au handicap de Julie, équipée d'un fauteuil roulant électrique tout terrain et dernier cri, 6 poneys sous le capot, ce qui lui permet de dépasser les 10 kilomètres heure en obligeant son interlocuteur à courir à ses côtés. Précisons que Julie bave (beaucoup), et n'a pour seul moyen de communication que son ordinateur qu'elle manie avec la seule partie de son anatomie valide, à savoir son majeur. Ajoutons à cela une enquête rocambolesque, des freaks vieillissants qui ont fait des enfants dans le village, un adjudant complètement dépassé par les événements et un adjoint qui porte le nom ridicule de Babiloune, ce qui ne l'empêche pas de devenir l'ami de Julie. Sur la forme, J.M. Erre s'amuse, dénonce les poncifs et autres clichés littéraires à travers la plume de sa narratrice qui, en rédigeant son polar, s'interroge sur la façon dont elle pourra suivre les conventions du genre sans sombrer dans les lieux communs. Au point même de nous donner la recette du bon polar qui "compte pléthore d'amateurs exigeants répartis en chapelles aux attentes contradictoires et prêts à en découdre à la moindre alerte."

De quoi apprendre en s'amusant, et lors de ses prochaines lectures policières, trier le bon grain de l'ivraie.

 

Catégorie : Romans policiers / Thrillers

Lozère / handicap / monstre /

Posté le 04/04/2019 à 16:40

Prenez soin du chien, J.-M. Erre. Points, 06/2007. 279 p. 7,40 € ****

         Deux immeubles se font face rue de la Doulce-Belette à Paris. Le même jour emménagent l'un en face de l'autre Max Corneloup, auteur de feuilletons radio, et Eugène Pluche, peintre sur coquilles d'œufs. Les deux hommes s'épient, très vite persuadés que chacun surveille l'autre. Un climat de suspicion largement alimenté par le fait que les deux immeubles abritent d'autres personnages assez folkloriques : deux concierges que tout oppose et qui ne peuvent pas se voir, un réalisateur de films confectionnés à partir d'extraits de grands classiques, un romancier qui commet des romans érotiques… L'ambiance se corse lorsque le chien d'une résidente disparaît, avant qu'elle ne soit assassinée à son tour. Ajoutons  cela le fait que le propriétaire soit aux abonnés absents, et que la clé de chacun des locataires ouvre les autres appartements, et tous les ingrédients sont réunis pour créer un climat de méfiance galopante façon Dix petits nègres.

         Le roman est essentiellement basé sur des extraits du journal de Corneloup et de Pluche, et inclut quelques passages écrits par un narrateur inconnu, dont on découvrira évidemment l'identité au dénouement. C'est assez rocambolesque, drôle ; cela pourrait finir par s'essouffler, mais la mort de l'un des diaristes permet au récit de prendre un virage plus polar.

Catégorie : Détente / Ados

humour /

Posté le 23/02/2019 à 16:13

La tête sous l'eau, Olivier Adam. Robert Laffont, 08/2018. 218 p. 16,60 € ***

Antoine, 15 ans, a dû suivre ses parents en Bretagne. Il surfe sur les vagues pour oublier la disparition de sa sœur, Léa, qui a eu lieu quelques mois plus tôt. Pour oublier aussi la dissolution de sa famille. En effet, la mère est partie avec un autre homme, le père surnage en remplissant la rubrique des chiens écrasés du quotidien local. L’enquête piétine depuis des mois, quand Léa est soudainement retrouvée. Blessée, brisée, mutique. La famille tente alors de se recomposer pour l’aider à se reconstruire…

L'auteur reprend des thèmes qui lui sont chers : la disparition, et les liens frère-sœur. On ne peut que penser à Je vais bien, ne t'en fais pas. A quelques différences près : Léa est bien vivante, même si elle est profondément affectée par sa séquestration. L'histoire est entièrement racontée par Antoine, qui souffre de son asthme, lequel manque de lui coûter la vie. Ce qui ressort en filigrane de ce récit, c'est la façon dont les membres d'une famille s'opposent, avant de pouvoir se ressouder pour faire face à l'adversité et à la cruauté des hommes. Un roman qui s'adresse aux grands adolescents.

Mention particulière aux documentalistes : "Je passe devant l'infirmerie et continue jusqu'au CDI. La documentaliste me laisse m'assoir sans poser de question. C'est une grosse femme triste et sans âge, qu'on imagine sans vie, avec sa vieille maman, ses livres et ses chats, sans doute à tort. Le seul truc qui la gêne, c'est le bruit. Tant qu'on ferme sa gueule et qu'on reste bien sagement à sa table à lire ou devant l'ordinateur elle ne moufte pas. Pas le genre à faire la police des emplois du temps, à vérifier qui sèche les cours ou pas." (p.153). [...] "Puis elle se lève et m'entraîne jusqu'à l'infirmerie. Elle me soutient, je sens son odeur de sueur acide et de déodorant bon marché […]." (p.156).


 
Catégorie / Détente / Ados
famille /

Posté le 18/01/2019 à 14:08

Les nouvelles aventures du fakir au pays d'IKEA, Romain Puertolas. Le Dilettante, 02/2018. 285 p. 20 €                                                                                                     ***

Ajatashatru Lavash Patel s'est embourgeoisé depuis le succès de son premier roman. C'est que lui reproche sa femme, à raison. Il décide de se reprendre en main, en commençant par reprendre son entraînement de fakir. Pour cela, quoi de mieux qu'un lit à clous. Malheureusement, le modèle qu'il avait repéré, le KisifrØsypik, ne figure plus sur le catalogue IKEA. Il décide de partir pour la Suède, afin de rencontrer directement le fondateur du magasin de meubles. Evidemment, il entame un périple plus que rocambolesque.

Puertolas a l'art de mêler drame et humour, c'est ce qui fait le charme de ses romans. Ajatashatru est un faux candide à l'épreuve de la cruauté des hommes, sa naïveté le sauve des pires horreurs et le tire des situations les plus inextricables, quitte à ce que ce soit un peu tiré par les cheveux. Mais ne boudons pas ce plaisir de lecture, et sourions de l'horrible mais vénérable maître Baba Orhom et des tours de prestidigitation appris par le fakir, qui permettent à des réfugiés de trouver asile en France.


 

Catégorie : Détente / Ados

humour / Suède /

Posté le 18/01/2019 à 14:07

Posté le 30/10/2018 à 16:38

La passe-Miroir tome 3 : La mémoire de Babel, Christelle Dabos. Gallimard Jeunesse, 12/2017. 483 p.18 €

         La suite des aventures d'Ophélie dans le monde des Arches. Cela fait deux ans et demi qu'elle n'a pas revu Thorn, auquel elle a été unie juste avant de devoir se séparer de lui. Elle profite d'un passage par une Rose des Vents pour se rendre sur l'Arche de Babel, où elle découvre les règles strictes qui régissent la société. Sous une fausse identité, elle parvient à entrer dans l'école des apprentis avant-coureurs où règne une concurrence féroce. Elle n'a qu'un seul but : retrouver Thorn, qui doit bien être quelque part sur cette arche…

         Personnages nantis de divers pouvoirs, complots, rivalité, tous les ingrédients d'un bon roman fantastique sont là. Ophélie, avec sa naïveté et sa maladresse, se tire toujours de tous les imbroglio ; il est vrai qu'elle est têtue et rebelle, et si elle se plie en apparence au protocole rigide qui règne à Babel, sa désobéissance lui permet de parvenir à ses fins. Ainsi que son amour pour Thorn, dont on se demande ce qu'il a pour lui plaire, engoncé qu'il est dans une raideur et une froideur proprement décourageantes.

         C'est donc un roman qui se lit avec plaisir, même s'il l'on peut regretter que la multiplicité des personnages et les nombreuses références aux tomes précédents perdent parfois le lecteur qui gagnerait à lire les tomes à la suite.

 

 
Catégorie : Détente / Ados
fantastique / amour /

Posté le 12/09/2018 à 13:17

B.O.A. tome 1 : Loterie funeste, Magali Laurent. Mortagne, 09/2017. 446 p. 24,95 €

         Un virus, forme mutant d'Ebola, a transformé ses victimes en Charognards, d'horribles créatures très agressives qui boivent le sang des humains sains. Un vaccin a permis d'éviter cette métamorphose, mais la soif de sang demeure. Surnommés les BOA, ces humains ne doivent leur survie que grâce aux rares humains non infectés, qu'ils surnomment les Sang à Sang. Désormais dominants dans la ville de Liberté, les BOA élèvent des humains sains dans le Cellier, et organisent chaque année une loterie qui permettra aux heureux gagnants de remporter un Sac à Sang et d'éviter de se ruiner pour se nourrir. La grande nouveauté cette année qu'il n'y a pas un couple à gagner, mais trois, et que les six malheureux humains sont immortels... Oxana et son frère jumeau Alexandre, Kim et Samantha, Cléo et Denys sont ainsi jetés en pâture à la convoitise des BOA…

         Des humains traités comme des bêtes de somme, dont la seule perspective d'avenir est de quitter les travaux forcés du Cellier pour devenir des repas vivants. Une autre société fournisseur de Sacs à Sang a fait elle le pari de la qualité et élève de très belles jeunes filles, qu'elle conditionne à la séduction et à un avenir d'esclave de luxe. Ces six "produits", cinq issus du Cellier et la dernière, Cléo, venue de l'entreprise Sang et Prestige, se rencontrent et s'associent afin d'essayer d'échapper à leur sort funeste. Mais Liberté est bien organisée, et la rébellion impossible. Dans ce contexte, l'auteur met en scène six jeunes gens qui forment trois couples bien différents, ce qui lui permet de présenter trois formes d'amour différents : l'amour fraternel entre Oxana et Alexandre, l'amour homosexuel dans le duo formé apr Kim et Samantha, et enfin l'amour impossible entre Cléo, si raffinée et séductrice, et Denys, l'athlète mal dégrossi et couvert de cicatrices. Ce sont les relations entre ces personnages, davantage sans doute que l'intrigue, qui est le fil conducteur du roman. Au demeurant, les mésaventures de ces six personnages sont rocambolesques au point de perdre leur crédibilité : leurs tentatives d'évasion, sont vouées à l'échec malgré l'organisation de la résistance, dont on se demande comment elle peut jouir de moyens aussi importants comme des armes ou des hélicoptères ; le sort réservé à Oxana et son frère paraît tout aussi artificiel. L'auteur semble donc avoir davantage voulu mettre l'accent sur ces six personnages, au détriment d'un récit qui plaira sans doute au lecteur, à condition qu'il n'y cherche pas trop de vraisemblance.

 

            Roman lu dans le cadre de Masse Critique, Babelio.


 
Catégorie : Détente / ados

Posté le 19/04/2018 à 12:58

Phobos tome 4, Victor Dixen. Robert Laffont (R-Jeunes Adultes), 11/2017. 650 p. 18,90 €

         Serena McBee enfin destituée, les pionniers du programme Genesis sont de retour sur terre, après avoir passé deux ans sur Mars, non sans avoir laissé derrière eux Alexei, Marcus et Kenji, et emmenant avec eux Kelly, qui souffre du mystérieux mal de Mars. Ils sont placés dans un centre d'hébergement, le temps de se réhabituer à la gravité terrestre, et aux nouvelles donnes politiques. Mozart, qui risque à tout moment de se voir assassiner par la mafia brésilienne, reste dans le Cupido en compagnie de Kirs, qui a accouché d'un bébé qui ne supportera pas la vie sur Terre. Chacun des pionniers restants décide de créer sa propre chaîne d'info, et espérer réaliser son rêve. A l'exception de Léonor, qui a décidé de rester auprès de Kris, le temps qu'elle guérisse, et qui se méfie : Serena McBee a disparu, mais aurait-elle dit son dernier mot ?

       Ce quatrième tome reprend la suite des aventures de Léonor et de ses compagnons. C'en est fini du projet Génésis de colonisation martienne, la tentative s'est soldée par la morts de trois des pionniers. Avec leur retour, le récit s'attache un peu moins aux relations sentimentales pour s'ouvrir sur des préoccupations plus "terriennes" et actuelles : il est notamment beaucoup question de réchauffement climatique et de préservation de l'environnement, ainsi que de l'enjeu de l'utilisation des réseaux sociaux. Malgré tous leurs efforts, les pionniers n'y échappent pas et se réjouissent du nombre de vue et de commentaires qui fleurissent sur leurs chaînes, d'autant plus qu'il y a là des gains financiers colossaux, qui pourront servir à la recherche. Cette saga de science-fiction permet, au-delà de l'aspect distrayant et d'un suspens habilement mené avec de nombreux rebondissements, de s'interroger sur cette société de l'image, hyper connectée, qui vit par procuration à travers quelques personnages. La fin ouverte pourrait présumer, pourquoi pas, d'un cinquième tome…


 

Catégorie : Détente / ados

Posté le 19/04/2018 à 12:53

L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux. Gallimard Jeunesse, 12/2017. 300 p. 14,90 €

Titania Karelman est auteur de romans policiers. Un soir, elle emmène sa fille Nine, 16 ans, dans une mystérieuse cabane au bord d'un lac, sans lui expliquer les raisons de leur escapade. Nine les découvre ensuite : durant toute la nuit, Titania va lui raconter son enfance et lui révéler de terribles secrets sur elle et sa famille. D'abord furieuse contre sa mère qui lui a fait rater la fête du lycée, la jeune fille se met à écouter et découvre tout un univers qu'elle ne connaissait pas. Après ces aveux, la vie de l'adolescente est définitivement changée.

En conteuse expérimentée, Titania prend son temps pour mettre en place les personnages de ce nouveau récit qu'elle conte à sa fille. Comme Nine, le lecteur a hâte d'en arriver au secret qui justifie leur présence dans cette cabane perdue au milieu de la forêt, où Titania n'a pas remis les pieds depuis dix-huit ans, sept mois et dix-neuf jours, et trouve qu'elle traîne un peu. Et finalement, la magie opère : on a pris place dans un vieux fauteuil, on sirote un fond de café, on boit un verre de vin, on consulte son téléphone qui sans réseau se contente d'indiquer que l'heure tourne, l'histoire avance tandis qu'au loin, le ciel blanchit progressivement. L'histoire de Titania parle d'amours déçues, d'ambition, de misère, de liberté, de révolution, d'amour fraternel et de séparation, dont la conclusion se fait, un petit matin d'été au bord d'un lac, et permet à une jeune fille, enfin, de se découvrir une mère. Et pour les natifs des années 70, le plaisir de lecture se double de celui de replonger dans la période de son enfance, des bonbons chez l'épicière et des voitures sans ceinture à l'arrière, des cassettes et du début de la new wave…

Le roman ne s'adresse cependant pas qu'aux nostalgiques quasi cinquantenaires : la relation mère-fille, leurs conflits tout autant que leur complicité, et le personnage de Nine, séduiront largement un lecteur adolescent.

 

 

Catégorie : Détente / ados

famille / initiation / secret /

Posté le 04/04/2018 à 14:17

Remade tome 1, Alex Scarrow. Casterman, 10/2017. 446 p. 15 €

Un virus sévit en Afrique, dans l'indifférence générale. Léo, qui vit avec sa mère divorcée et sa petite sœur Grace, commence à s'inquiéter de ces nouvelles alarmantes. Et il a raison : ce virus foudroyant dévoreur de chair atteint l'Europe en quelques jours, déclenchant la panique et la fermeture de toutes les gares et aéroports. Léo et sa famille ont tout juste eu le temps de quitter Londres, et se retrouvent perdus dans la campagne suite à la mort du conducteur du train. Les passagers tentent de trouver un abri mais sont tous un par un victimes du virus, y compris la mère de Léo, qui meurt sous leurs yeux. Léo et Grace, eux, semblent étrangement immunisés et se retrouvent seuls...

Le virus est foudroyant, les morts atroces. L'auteur n'échappe pas à une forme de complaisance dans des scènes toutes plus gore les unes que les autres, mais l'accumulation est telle que c'est en presque drôle. Quelques passages nous mettent dans la "tête" du virus – si tant est qu'on puisse parler de tête pour une entité sans forme et constituée de micro-organismes dont la seule préoccupation est la survie – qui se révèle d'une capacité d'adaptation tout aussi efficace que son talent de prédateur, et c'est sans doute les moments du récit les plus effrayants. Car que peut l'humanité contre un tel monstre ? Le roman se clôt sur un chapitre terrifiant, qui laisse augurer d'une suite encore pire pour les rares survivants…

Un thriller SF plutôt efficace, avec une mise en garde indispensable au lecteur.

 

 

Catégorie : Détente / ados

Posté le 22/11/2017 à 14:53

Sang-de-Lune, Charlotte Bousquet. Gulf Stream éditeur, 08/2016 (Electrogène). 312 p. 17 €

         Gia vit avec sa famille dans la cité souterraine d'Alta. Dans cette ville, gouvernée par les Sept, les femmes, appelées Sang-de-lune, sont les esclaves des hommes, les Fils-du-soleil. Considérées comme impures du fait de leur condition féminine, elles sont mariées selon la décision du père, et peuvent être répudiées par leur mari si elles ne lui donnent pas d'enfant mâle. La cousine de Gia a tué sa fille de deux ans afin de lui épargner le même sort. Gia doit participer à la lapidation à laquelle elle a été condamnée et, révoltée, alors qu'elle apprend qu'elle est promise à un homme cruel et violent, elle décide de s'enfuir avec sa petite sœur Arienn. Elles quittent la ville pour le territoire des Ténèbres, où vivent de dangereuses créatures, les Mimes, d'abominables vers qui dévorent leurs hôtes vivants, et des rebelles lourdement armés. Mais Gia est prête à tout pour échapper à sa condition d'esclave.

         A travers le combat de Gia pour sa liberté, contre les carcans moraux et religieux, c'est tout un système de croyances qui va être remis en cause. Gia et ses amis rebelles vont découvrir l'origine des villes souterraines et la façon dont la mythologie sexiste s'est créée, justifiant l'asservissement des femmes. Au-delà du discours féministe qui soutend le récit, la quête de Gia et de ses amis illustre comment mythes et croyances ont pu se mettre en place et ne sont que le fait des hommes. Une dystopie agréable à lire, qui pourra susciter des réflexions chez le lecteur adolescent.

 

 

Catégorie : Détente / ados

Posté le 18/07/2017 à 16:11

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand. Pocket, 06/2016. 251 p. 6,60 €

Retrouvailles avec Diane dans cette suite de "Les gens heureux lisent et boivent du café". La jeune femme est rentrée d'Irlande. Elle souhaite reconstruire sa vie à Paris, après son aventure avec Edward. Félix, son meilleur ami, la soutient la reprise en main de son café littéraire. Elle fait la connaissance d'Olivier, patient, doux, attentionné, et qui comprend son refus d'être mère à nouveau. Ils sont sur le point d'emménager ensemble quand Diane apprend qu'Abby, la propriétaire du cottage qu'elle louait en Irlande et dont elle était très proche, est très malade. Elle décide de retourner à Mulranny pour lui dire au revoir. Elle va évidemment croiser Edward...

Olivier est trop gentil… et Edward toujours aussi ténébreux, le bad boy dans toute sa splendeur… Dans le cœur de Diane, on devine très vite lequel va l'emporter. Mêmes remarques que pour l'opus précédent, et une certaine lassitude à lire les aventures sentimentales de ces personnages qui fument comme des sapeurs et boivent comme des soudards.

 

 

Catégorie : Détente / ados

Amour /

Posté le 22/06/2017 à 17:05

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand. Michel Lafon, 06/2013. 253 p. 14,95 €

Diane vient de perdre Colin son mari et sa fille Clara dans un accident de voiture. Après avoir passé des mois confinée dans son appartement, en pleine dépression, elle tente de refaire surface en projetant un voyage que son mari aurait tant aimé faire en Irlande. Elle laisse derrière elle son café littéraire parisien, ses parents et son meilleur ami Félix. Ce dernier s'inquiète pour elle mais elle n'en a que faire : elle part seule, décidée à refaire sa vie. Une fois arrivée en Irlande, elle loue un petit cottage et sympathise très vite avec les propriétaires, un vieux couple sympathique. Ce n'est pas le cas de son voisin Edward, neveu des propriétaires, qui se montre nettement hostile et antipathique vis-à-vis de Diane...

De la grosse ficelle : le grand méchant Edward n'est pas là par hasard et, dès l'arrivée de ce type on devine que les deux personnages vont se rapprocher. Il y a bien l'Irlande, ses pubs, sa Guiness, son climat indomptable et sauvage, ses paysages d'une âpre beauté, mais cela ne suffit pas à faire de ce roman autre chose qu'un récit sentimental qu'on lit superficiellement avant de passer à autre chose.

 

 

Catégorie : Détente / ados

amour /

Posté le 22/06/2017 à 17:04

La dernière des Stanfield, Marc Lévy. Robert Laffont / Versilio, 04/2017. 464 p. 21,90 €

Eleanor-Rigby, du nom d'une chanson des Beatles, est une jeune Londonienne, journaliste au National Geographic. Un jour, elle reçoit une lettre anonyme évoquant le passé trouble et probablement criminel de sa mère, décédée quelques mois plus tôt. Une semaine plus tard, elle reçoit un deuxième courrier, très laconique, où on lui donne rendez-vous dans un bar de Baltimore, aux Etats-Unis. Au même moment, George-Harrisson, un jeune ébéniste québécois, reçoit deux missives identiques. Sa propre mère vit encore mais, devenue démente, séjourne désormais en hôpital psychiatrique. Eleanor et George se rendent tous deux au rendez-vous, et font connaissance, puisque le mystérieux auteur des lettres n'est pas là...

Eleanor-Rigby et Georges-Harrisson, non, on ne rigole pas. Marc Lévy n'a peur de rien, y compris de monter cette histoire parfaitement improbable où les deux mères incarnent, dans leur prime jeunesse, de véritables Bonnie and Clyde. L'enquête que mènent les deux héros est poussive, orchestrée de loin par un historien revêche qui tire toutes les ficelles.

A lire sans déplaisir, si l'on fait fi d'une intrigue inutilement complexe et d'une histoire un peu longuette.

 

Catégorie : Détente / ados

Etats-Unis / famille / secret /

Posté le 22/06/2017 à 17:02

Barracuda for ever, Pascal Ruter. JC Lattès, 01/2017. 330 p. 17 €

Le grand-père de Léonard décide à 85 ans de changer de vie. Ancien boxeur qui s'est battu contre le légendaire Rocky, chauffeur de taxi, soixante-huitard incurable, il raffole du bowling et des provocations envers son fils qu'il surnomme Couille molle. Accompagné de son petit-fils, il se met à faire les quatre cents coups : après avoir divorcé de Joséphine qu'il renvoie à son Sud natal, il adopte un chien qu'il baptise Point à la ligne, projette d'enlever Machin, le présentateur du Jeu des Mille Euros, se bat avec des jeunes au bowling... Fantasque et attachant, il amuse et fascine Léonard, que ses dix ans n'empêchent pas de voir que Napoléon se met à perdre un peu la boule...

Altzheimer. Le mot n'est jamais dit, mais on voit la progression de la maladie à travers les yeux de ce petit garçon dont le grand-père incarne un véritable héros, même s'il trouve qu'il exagère. Il le suit et joue le jeu sans protester, avec une constance et une affection touchantes. Un beau récit pudique sur la fin de vie et les relations familiales.

 

Catégorie : Détente / ados

maladie / famille /

Posté le 22/06/2017 à 17:01

Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand. Pocket, 04/2017. 405 p. 7,40 €.

Yaël, étudiante en école de commerce, fait partie d'un petit groupe d'amis très soudés : sa soeur Alice et son compagnon Cédric, Adrien et Jeanne, et Marc. A l'issue d'un stage, elle vient d'apprendre qu'elle est embauchée par l'entreprise. C'est alors que Marc disparaît... Dix ans plus tard, Yaël est numéro 2 de sa boîte : travailleuse acharnée, exigeante, redoutée de ses collaborateurs, elle est devenue une interprète brillante et court de réunions en dîners d'affaires sans jamais prendre le temps de se poser ou de poser des congés ; elle s'est éloignée de sa famille et de son groupe de copains, uniquement préoccupée par sa carrière. C'est le retour de Marc qui va lui faire prendre conscience qu'elle frôle le burn-out...

         Yaël est l'archétype de la cadre parisienne surinvestie, dans une vie qui ne laisse aucune place à la fantaisie : chaque matin, elle fait des longueurs en piscine, se nourrit de sushis et de salades, vit seule dans un appartement aseptisé et s'octroie de temps à autres des liaisons sans lendemain. Le lâcher prise est un gros mot, la discipline son credo. Tant et si bien qu'on a du mal à l'imaginer capable de s'éprendre d'un antiquaire un peu bohème. A croire que les contraires s'attirent. En tout cas, on peine à croire à cette histoire desservie par des clichés éculés – outre Yaël et son chignon strict, on a droit à des poncifs sur les vacances entre copains, la solidarité familiale et le romantisme – et par des rebondissements et un dénouement dignes d'un conte de fées.

 

Catégorie : Détente / ados

Posté le 22/06/2017 à 16:59

De tes nouvelles, Agnès Ledig. Albin Michel, 03/2017. 343 p. 19,80 €

         La suite de On regrettera plus tard. Eric et sa fille Anna-Nina sont revenus chez Valentine, bien décidés à se poser et à profiter d'une vraie vie de famille. Anna-Lisa est tout à son bonheur d'aller à l'école, d'avoir une nouvelle maman et un grand-père en la personne de Gustave, Eric et Valentine aident Gaël à surmonter la fin de son mariage. Ils se découvrent et ne cachent plus leurs sentiments, d'autant plus que Valentine a compris que l'amour n'est pas synonyme de cage. Mais toute cette harmonie se voit ébranlée quand elle rencontre dans la forêt un bûcheron pour qui elle éprouve une attirance sauvage et d'autant plus inattendue et dangereuse qu'elle est réciproque...

         Il ne manquait que ce dernier poncif : l'homme des bois, qui sent la fumée, la sciure et la transpiration, pour lequel notre institutrice au grand cœur éprouve un désir aussi soudain qu'animal. Voilà Valentine bien désemparée… alors qu'elle s'attache de plus en plus à Eric. Je n'ai pas bien compris l'intérêt de faire apparaître ce personnage dont l'influence sera finalement évacuée sans grandes explications.

         Nous retrouvons dans cette suite le même monde de personnages gentils et attentionnés; Gustave qui fabrique une cabane pour Anna-Nina et son nouveau compagnon de jeu, le fils de l'homme des bois ; Gaël qui, coaché par Eric, au prix d'une pratique sportive quotidienne et des plats diététiques cuisinés par Valentine, parvient à passer sous la barre des cent kilos, au point de décider de traverser toute la France pour rejoindre la Bretagne et la belle dont il est tombé amoureux ; les deux solitaires amoureux, bref, une littérature de bons sentiments qui peut accorder un bon moment de lecture pour les amateurs du genre. Les autres y verront une suite un peu terne et naïve d'un récit sentimental.

 

 

Catégorie : Détente / ados

amour /

Posté le 23/05/2017 à 14:28

On regrettera plus tard, Agnès Ledig. Albin Michel, 03/2016. 311 p. 19,50 €

Valentine, institutrice, vit seule dans un petit village alsacien, à côté de Gustave, son grand-père adoptif. Un soir d'orage, on vient frapper à sa porte. La jeune femme se méfie, mais finit par ouvrir, armée d'une poêle à frire, sa porte à l'inconnu : c'est un homme qui voyage en roulotte avec sa fille, âgée de sept ans. Celle-ci est victime d'une forte fièvre, et la roulotte est cassée : Valentine lui propose de les héberger, d'abord pour la nuit, puis quelques jours, le temps que la roulotte soit réparée. Voilà sa solitude et ses habitudes bouleversée par leur présence, et surtout celle d'Anna-Nina, la fille d'Eric, pour laquelle elle ressent une affection immédiate, qui est d'autant plus réciproque que la petite a perdu sa mère à sa naissance. Leur séjour se prolonge...

Bienvenue à la campagne, avec tous ses avantages : la vie au grand air, les conserves faites maison, l'entraide entre voisins, les soirées fraîches au coin du feu, les chats qui ronronnent sur le canapé… Tout est là, y compris la gentillesse et la tendresse, l'ambiance bon enfant et familiale, y compris quelques scènes d'amour assez détaillées où cette brave Valentine, qui compose depuis longtemps avec l'abstinence, se jette littéralement sur Eric qui ne demande pas mieux. Y compris de longues discussions sur l'amour et le désir, notamment entre Valentine et son meilleur ami et collègue Gaël, un gros nounours que l'assistance sociale dont il est tombé amoureux s'apprête à quitter. Etre dans l'ici et le maintenant, se concentrer sur les carottes qu'on épluche, de bons conseils teintés de psychologie que se prodiguent tour à tour Valentine et Gaël, sans oublier Gustave qui fait la leçon à Eric quand celui-ci décide de repartir.

Si Agnès Ledig réussit - en partie - à éviter les clichés, c'est grâce à sa plume alerte et teintée d'humour, et à quelques menus rebondissements qui lui permettent de rendre un peu moins mièvre ce monde de bisounours. Un roman de détente, qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

 

 

Catégorie Détente / Ados

Amour  / 

Posté le 23/05/2017 à 11:38

Le retour de Jules, Didier Van Cauwelaert. Albin Michel, mai 2017. 163 p. 16,50 €

A nouveau au chômage technique depuis que son épileptique ne fait plus de crise, Jules a été envoyé dans l'école cynophile de l'ESCAPE où il a complété sa formation. Zibal et Alice se sont séparés : le premier se consacre à ses inventions, sous l'égide de Fred, l'ex compagne d'Alice, qui assure à ses recherches des débouchés faramineux, la deuxième est partie en Asie où elle fait peindre des éléphants. Mais Jules a des ennuis : il a sauvagement attaqué le petit fils de la mécène de l'ESCAPE, et risque l'euthanasie pour dangerosité. A l'appel de Fred, Alice rentre en France, y retrouve Zibal alerté lui aussi. Les deux anciens amants obtiennent un sursis pour leur chien qui saisit l'occasion pour se sauver en compagnie d'une braque de ses amies. C'est le début d'un long périple à travers la France et à la poursuite de Jules et de sa Victoire…

         La suite de Jules, donc. On y retrouve légèreté, humour, et élégance. J'avais trouvé le premier opus franchement très drôle, et touchant. Le deuxième l'est tout de même moins, preuve supplémentaire du vieil adage selon lequel les suites sont toujours plus fades. Et pis, il faut qu'il finisse bien. D'où une impression de facilité. Le roman est court, se lit en quelques heures, fait passer un bon moment. On peut espérer du prochain qu'il soit plus long, et plus grave aussi.

 

Catégorie : Détente / ados

humour /

Posté le 17/05/2017 à 09:04

L'échelle de Glasgow, Marcus Malte. Syros, 09/2016 (Tempo +). 123 p. 6,35 €

      Mickaël est dans le coma. A son chevet son père, guettant le moindre signe de réveil, entreprend de lui raconter une histoire : celle de deux gamins qui découvrent, au fond d'une cave, une vieille guitare acoustique à laquelle il manque une corde, et entreprennent de gratter l'instrument pour se découvrir très vite une passion pour la musique. Fans de Hendrix, ils adoptent des prénoms inspirés de ses chansons : Catfish et Astro Man vont devenir des guitar heroes. Quelque années plus tard, les deux garçons ont progressé, mais il devient évidemment qu'Astro Man possède ce quelque chose en plus qui le fait sortir du lot. Il n'a que 15 ans, mais il est retenu lors d'une audition. Sa carrière est lancée, tandis que Catfish remise sa guitare dans un placard...

       Il est émouvant, le discours que tient ce père désespéré à son fils, à la fois dans le contexte – Mickaël va-t-il sortir du coma ? Son score de Glasgow va-t-il dépasser le seuil du 3 ? - et dans son contenu. On devine très vite que l'histoire n'est pas un conte et touche le père. Le récit se lit facilement et pourra aisément plaire à de jeunes lecteurs musiciens eux-mêmes ou aimant la musique.


Catégorie : Détente / ados

musique / médecine /

Posté le 24/04/2017 à 09:24

Matt de la Peña. Les vivants, livre 1. Robert Laffont, 03/2014. 382 p. 17,90 €

Shy a 18 ans. Issu d'une famille modeste hispano-américaine, il travaille sur un paquebot de luxe pendant ses vacances pour contribuer à aider sa mère. Ce job lui plaît : il y croise de très jolies filles en maillot de bain, s'y est fait des amis, et a rencontré Carmen, aux yeux couleur chocolat et aux courbes splendides. Cependant tout n'est pas si rose : il ne parvient pas à empêcher le suicide d'un homme d'affaires, ce qui lui vaut ensuite des ennuis, et son neveu est atteint de la maladie de Romero,  qui a tué sa grand-mère. Cette belle perspective est balayée quand une tempête éclate, déclenchée par un tremblement de terre d'une magnitude jamais observée, qui va détruire toute la côte ouest des Etats-Unis. Le paquebot sombre tandis qu'une partie des passagers et membres d'équipage parvient à rallier des canots, dont la plupart sont coulées par une série de tsunamis. Shy fait partie des rares survivants, mais découvre bientôt que toute la Californie est décimée par le virus Romero…

         Un thriller pour ados apprécié par mon fils. Personnellement j'ai trouvé la première partie jusqu'à la tempête un peu longuette, et ai été plutôt surprise par l'horreur de certaines lors du naufrage du paquebot. Les décapitations, écrasements et noyades s'enchaînent et les cadavres s'entassent. La survie de Shy dans son radeau est tout aussi horrible, entre requins affamés et lente agonie de son compagnon. Heureusement l'intrigue policière vient stimuler les neurones du lecteur.


 

Catégorie : Détente / ados

catastrophe /

Posté le 05/01/2017 à 15:55

Scott Sigler. The Generations tome 1 : Alive, suivi du tome 2 : Alight. Lumen, 02/2016 et 029/2016. 463 p et 568 p. 15 € le tome.

Une jeune fille se réveille dans le noir, entravée, enfermée dans un sarcophage. Sa panique est telle qu'elle parvient à se libérer de ses liens et à sortir de ce qu'elle va très appeler son cercueil. Gravé sur la pierre, son nom : "M.Savage". Que lui est-il arrivé ? Qui est-elle ? "Em" ne se souvient de rien, si ce n'est que c'est aujourd'hui son douzième anniversaire. Dans la pièce sont rangés onze autres cercueils, qui contiennent pour moitié le cadavre desséché d'un enfant : elle parvient à libérer une jeune fille qui porte comme Em des vêtements de collégienne beaucoup trop petits pour elle, et un étrange symbole sur le front. D'autres occupants sont libérés, qui présentent les mêmes caractéristiques. Que font-ils là ? Comment vont-ils survivre, dans cet endroit envahi de poussière, sans eau ni nourriture, un endroit déconcertant où l'on perd tout sens de l'orientation, où vivent des créatures terrifiantes ?

Un thriller SF et psychologique qui tient en haleine son lecteur, que j'ai littéralement dévoré en quatre jours. L'auteur manie efficacement l'angoisse et le suspense ; le lecteur est emmené dans une intrigue où il découvre en même temps qu'Em et les siens où ils sont et les raisons pour lesquelles ils sont là. Impossible d'en dire plus sans dévoiler tout l'enjeu du récit !

Survie du groupe, rivalités, naissance de sentiments amoureux, manipulation, l'histoire aborde de nombreux thèmes et est à conseiller vivement aux adolescents à partir de 14 ans.